Plan de prévention et seuil de 400 heures : comment calculer exactement

Publié le 22 mai 2026 — 6 min de lecture

Quand un plan de prévention est-il obligatoire ? La règle officielle des 400 heures sur 12 mois, comment les compter, et les cas où le plan écrit reste obligatoire quelle que soit la durée de l'intervention.

La règle de base : 400 heures sur 12 mois

L'article R.4512-7 du Code du travail rend obligatoire l'établissement d'un plan de prévention écrit entre l'entreprise utilisatrice (EU) et la ou les entreprises extérieures (EE) intervenantes dans deux cas :

  1. l'opération à réaliser représente un nombre total d'heures de travail prévisible supérieur ou égal à 400 heures sur une période inférieure ou égale à douze mois, que les travaux soient continus ou discontinus ;
  2. les travaux à réaliser figurent sur la liste des travaux dangereux fixée par l'arrêté du 19 mars 1993, indépendamment de la durée.

Sous ces deux seuils, le plan de prévention peut juridiquement rester oral. Dans la pratique, la traçabilité écrite est très souvent demandée par les donneurs d'ordre.

Référence légale : Code du travail, art. R.4512-7. Texte original : arrêté du 19 mars 1993.

Comment compter ces 400 heures

Le calcul est plus subtil qu'il n'y paraît. Trois précisions utiles :

1. Le seuil s'apprécie par opération et par entreprise extérieure

Pour chaque entreprise extérieure intervenante, on cumule les heures de tous ses salariés sur l'opération concernée. Si une EE envoie 5 salariés sur le chantier pendant 100 heures, on compte 500 heures (5 × 100), pas 100.

2. Multi-entreprises sur une même opération

Si l'opération mobilise plusieurs entreprises extérieures, chacune apprécie son seuil indépendamment pour savoir si elle doit signer un plan écrit. En pratique, dès qu'une seule des EE dépasse 400 heures, un plan de prévention commun avec toutes les EE est généralement établi pour cohérence opérationnelle.

3. Opérations récurrentes

Pour une opération qui revient régulièrement (maintenance hebdomadaire, contrôle mensuel d'équipement), on cumule les heures sur une fenêtre glissante de douze mois. Dès que le cumul franchit 400 heures, le plan écrit devient obligatoire et doit être établi avant la poursuite des interventions.

Les travaux dangereux : PDP écrit sans condition de durée

L'arrêté du 19 mars 1993 liste précisément les opérations qui imposent le plan de prévention écrit quelle que soit la durée. Parmi les principales :

Une intervention de quelques minutes dans une cuve confinée ou à proximité d'une pièce sous tension impose donc le plan de prévention écrit, sans condition de seuil.

Trois erreurs courantes

Erreur 1 — Compter par salarié au lieu de cumuler

Le seuil concerne le volume horaire de l'opération, pas la durée individuelle d'un salarié. Une EE qui envoie 10 personnes 50 heures atteint 500 heures (10 × 50), pas 50.

Erreur 2 — Oublier l'arrêté du 19 mars 1993

Beaucoup d'EU se concentrent uniquement sur le seuil de 400 heures et passent à côté de la liste des travaux dangereux. Résultat : une intervention courte mais dangereuse réalisée sans plan écrit. En cas d'accident, l'absence de plan caractérise la faute.

Erreur 3 — Réécrire un PDP identique à chaque visite

Pour une opération récurrente (maintenance, contrôle), le plan peut être établi une fois pour la période et ré-utilisé pour chaque intervention de la série, à condition que les conditions restent identiques. Une nouvelle visite, dans un nouveau bâtiment ou avec de nouveaux risques, justifie un nouveau plan.

Comment Normigo gère le calcul des 400 heures

Le module plan de prévention de Normigo permet de :

Les sous-traitants navals et aéronautiques utilisent particulièrement cette fonctionnalité : leurs interventions sont souvent récurrentes et soumises à des donneurs d'ordre exigeants sur la traçabilité.

Questions fréquentes

Le seuil de 400 heures s'apprécie-t-il par entreprise extérieure ou cumulé ?

Le seuil de 400 heures s'apprécie pour chaque opération réalisée par une même entreprise extérieure dans une même entreprise utilisatrice, en cumulant les heures de tous ses salariés. Si plusieurs entreprises extérieures interviennent dans une même opération, chacune calcule son cumul indépendamment ; en revanche un plan de prévention commun est établi entre l'EU et toutes les EE intervenantes.

Faut-il un plan de prévention pour une intervention de 2 heures sur un risque dangereux ?

Oui. L'arrêté du 19 mars 1993 fixe une liste de travaux dangereux qui imposent un plan de prévention écrit quelle que soit la durée de l'intervention : travaux exposant aux rayonnements ionisants, travaux en milieu confiné, travaux en hauteur, travaux à proximité de pièces sous tension, travaux à proximité d'une atmosphère explosive (ATEX), entre autres. Une intervention de 2 heures dans une cuve confinée déclenche le PDP écrit.

Un plan de prévention oral suffit-il sous 400 heures hors travaux dangereux ?

Le Code du travail (R.4512-7) exige le plan écrit au-dessus de 400 heures ou pour les travaux dangereux. En dessous de 400 heures hors travaux dangereux, le plan peut juridiquement être oral. Dans les faits, la traçabilité écrite reste fortement recommandée : en cas d'accident ou d'inspection, l'entreprise utilisatrice doit prouver que les risques d'interférence ont été analysés et que les mesures de prévention ont été définies en commun avec l'entreprise extérieure.

Comment compter les 400 heures pour une opération récurrente toute l'année ?

L'article R.4512-7 vise les opérations dont le total est supérieur ou égal à 400 heures sur une période inférieure ou égale à 12 mois. Pour une opération récurrente (ex. maintenance hebdomadaire), on cumule les heures réalisées par l'entreprise extérieure sur 12 mois glissants. Dès que le cumul dépasse 400 heures, le plan de prévention écrit devient obligatoire et doit être établi avant la poursuite des interventions.

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Voir aussi : page de référence Plan de prévention · conformité secteur naval · conformité secteur aéronautique.